Comment gérer cet espace médiatique propre à la profession juridique? Quel est son utilité? Est-il crédible? Pourquoi lui donnons-nous tant d'importance? Une chose est certaine, Droit-inc existe et il est lu. Ses revenus publicitaires, l'importance de son auditoire et l'ampleur de son contenu journalistique font de lui une plate-forme médiatique viable, intéressante et crédible. Les bureaux, grands et petits, y font parvenir leurs nouvelles. Au sein du petit univers juridique québécois, il s'agit du site web le plus interactif au contenu spécifique le plus stimulant.

Derrière le phénomène Droit-inc se cache un malaise plus important, soit celui de l'investissement en marketing des cabinets d'avocats. Or, depuis une dizaine d'années, la pratique du droit est passée d'une profession, à une industrie. Dans un univers si compétitif entre professionnels, il importe de se démarquer. De là est venue la nécessité d'investir dans le développement d'une marque et de son positionnement. Bref, le bon vieux bouche à oreille n'est plus la seule méthode efficace. D'ailleurs, le droit n'est pas le seul domaine affecté par ce phénomène, mais bien toute l'industrie des services (comptabilité, actuariat, ingénierie, etc.) s'y est investie.

Parallèlement à cela, certains journalistes ont su lire la tendance. Du Royaume-Uni, aux États-Unis en passant par nos amis au Canada anglais, ils ont su développer du contenu spécifique au domaine légal (chroniques, articles, blogues, etc.). Bref, l'investissement des cabinets juridiques a permis l'émergence des médias juridiques.

Alors la question n'est donc pas de savoir pourquoi Droit-inc existe, mais comment s'adapter à son existence (car si ce n'était pas lui, ce serait un autre, croyez-moi). Comment faire en sorte que notre message ne soit pas dénaturé au sein de cette plateforme. Bref, comment gérer la bête. C’est justement cela qu'il me fera plaisir de partager avec vous prochainement. En attendant, au plaisir de lire vos commentaires… et d’y répondre.

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Mélanie Joly est avocate et associée directrice du bureau montréalais de l'agence de communication internationale Cohn&Wolfe