Si vous étiez dans les souliers de Barack Obama, de Raymond Bachand, de Jean Charest ou de Michael Bloomberg, que feriez-vous? Surtout, que diriez-vous? Qu’est-ce qui démontrerait votre leadership et ferait que les gens auraient confiance en vos décisions?

De nombreuses crises et diverses analyses d’experts auront enseigné que la vérité est, en général, à privilégier. Un bon leader, fort et confiant dans la tempête, est celui qui vient sur la place publique admettre que le problème d’accélérateur et la gestion de la qualité auront failli chez Toyota; que les machines n’étaient pas méticuleusement nettoyées chez Maple Leafs; que la supervision de la sécurité des contenants de Tylenol connaissait des ratés …

Bref, faire ce que tout bon avocat aura tendance à réfréner : harakiri sur la place publique, empreint d’un profond (et sincère !) remord.

Certaines mauvaises langues diront que c’est plus facile à dire quand ton assureur t’as donné une tape dans le dos en te disant « t’inquiète pas, celle là, je la prends en mains ».

Cependant, ce contexte idyllique est plus fréquent qu’on ne peut le penser. Il faut savoir gérer le risque. Gérer le risque d’une crise qui peut dégénérer et entraîner des conséquences bien pires que la seule compensation des victimes qui se sont déjà manifestées… Parlez-en à des praticiens de recours collectifs et on vous donnera quelques sueurs dans le dos en vous racontant certaines condamnations au sein de recours multi-juridictions qui touchaient des multinationales.

Alors, mis à part téléphoner à vos conseillers en gestion de crise préférés (!!), voici quelques réflexes à adopter: mettre en place une cellule de crise constituée de personnel interne qui travaillera 24/7 pour s’assurer de trouver la «vraie » source du problème et son ampleur, mettre en place des mesures de contingence et se rapporter fréquemment aux différents publics (employés, clients, fournisseurs, grand public). Avant toute chose, il importe d'avoir un leader qui a de l’aplomb et qui est capable de jouer le rôle de capitaine de navire. Il s'agit là d'un facteur DÉTERMINANT.

Et vous, que pensez-vous des réactions de BP ? D'Obama? Du tandem Bachand/Charest? De Bloomberg ? Croyez-vous que leur leadership est assez fort dans la tempête ? Si vous étiez leurs procureurs, quel serait le premier conseil que vous leur donneriez ?

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Mélanie Joly est avocate et associée directrice du bureau montréalais de l'agence de communication internationale Cohn&Wolfe. Marie-Christine Demers est avocate et conseillère, communications corporatives au cabinet Cohn & Wolfe.