En cette ère de réflexion sur la durabilité de nos ressources, il est normal de se questionner sur la durabilité de nos liens tissés au fil du temps.

Que deviennent ces liens tissés au fil des années académiques, au gré d’implications multiples et au cours d’un parcours professionnel parfois sinueux ?

A-t-on gardé contact avec tous ces individus qui se sont retrouvés sur notre chemin à un moment ou à un autre ?

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Que deviennent les liens tissés au fil du temps?
Au cours des récentes années, nous observons la tendance chez quelques grands bureaux d’avocats nationaux de tenir des réunions à « caractère exclusif » où seuls les anciens sont conviés.

On y va comme les Américains décrivent l’expérience du « homecoming. »

Un peu plus, on vêtirait un veston avec un blason tel dans les grands collèges anglo-saxons.

« Anciens » avocats et avocats actuels se côtoient ainsi l’espace d’une soirée, question de se remémorer les bons moments et justement, de garder contact.

Cette grande messe (annuelle) est en soi un grand exercice de communication.

Du moins, c’est ce que m’a inspiré ma propre expérience de ce « get-together » d’anciens de mon bureau la semaine dernière.

Dans ce brouhaha effervescent, de nombreux visages connus se souriaient et s’exclamaient « oh my god…que le temps a passé. »

Mais quel message veut-on réellement passer ?

Pourquoi rassembler tous ces anciens, maintenant ailleurs, chez la compétition, chez des clients, etc.

Plusieurs même étaient perplexes de voir parmi les invités d’anciens collègues rendus la porte d’à côté chez le plus féroce des compétiteurs.

Que veut-on accomplir ?

Certes, on cherche probablement à encourager les avocats à entretenir leur réseau.

On cherche à émoustiller la fibre familiale? L’appartenance?

Perpétrer les (bons) souvenirs ?

Du moins, on l’espère. On cherche à donner des nouvelles. Faire part de ce qui se passe de nouveau avec l’organisation. Un nouveau look. Une nouvelle acquisition.

On se dit peut-être : « ces gens nous ont choisi à un moment, ils peuvent être encore intéressés à entendre parler de nous ».

Vaut-il la peine d’investir temps et argent dans ces liens du passé ?

Y voyez-vous une plus value pour les bureaux qui font la promotion de ces rassemblements ? Est-ce un bon moyen de rendre durable cette ancienne appartenance à un même consortium ?

Marie-Christine Demers est avocate et conseillère, communications corporatives au cabinet Cohn & Wolfe.