Me Faïka Gafsi réclame 24 500 $ à de Grandpré Chait pour pertes salariales et dommages moraux et punitifs, a appris Droit-inc.com.

Dans une requête déposée en décembre en Cour du Québec, l’avocate prétend que de Grandpré Chait n’a pas respecté sa promesse d’augmenter son salaire au moment prévu.

Elle allègue aussi que le cabinet a fait preuve de discrimination à son endroit en la rémunérant moins que ce que qu’il verse habituellement à un avocat embauché au terme de son stage de l’École du Barreau.

Pour elle, de Grandpré "a exercé une exclusion, distinction et/ou préférence à son encontre à cause d’un handicap physique dont elle souffre, soit l’obésité morbide", indique la requête.

Aucune des allégations n’a été prouvée en Cour.

L’histoire commence au printemps 2008.

Les premiers pas de l’avocate chez de Grandpré Chait sont plein de promesses, et augurent du meilleur: en mai, l’étudiante en droit entre au cabinet.

Un mois plus tard, elle effectue avec succès son stage professionnel de l’École du Barreau du Québec d’une durée de six mois.

Puis, un associé du cabinet, Me Daniel Bourgeois, l’informe de la disponibilité d’un poste en litige fiscal, pour lequel elle soumet de suite sa candidature.

Une candidature étudiée avec beaucoup d’intérêt par le vice-président du cabinet, Me Marc Beauchemin, qui la convoque début décembre, souligne la requête.

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Faïka Gafsi, en 2007, à droite, faisait partie de l'équipe de l'Université de Sherbrooke au concours de plaidoirie.
D’emblée, toujours selon la poursuite, elle joue la carte de l’honnêteté et prévient Me Bourgeois et Me Beauchemin de ses soucis de santé: elle souffre d’obésité morbide et doit subir une gastrectomie verticale, en février 2009, opération chirurgicale en vue de pallier à son handicap physique.

Accords et désaccords

Me Beauchemin, afin d’éviter d’embaucher une personne qui tomberait en invalidité prolongée et qui laisserait donc un poste vacant, veut des détails: type de chirurgie, nom de l’hôpital, numéro de téléphone du médecin, documentation sur la dite opération.

Après lui avoir fourni les détails demandés, Me Gafsi obtient le poste. À une condition: le contrat est à durée déterminé et prendra fin la veille de l’opération. Il est par contre entendu qu’elle sera réembauchée par la suite en contrat à durée indéterminée.

Lorsqu’elle reçoit son contrat, surprise ! On lui promet 60 000 $ de salaire et une allocation annuelle pour frais de représentation de 500 $, au lieu des 72 000 $ et 1200 $ habituellement gagnés par un avocat junior embauché chez de Grandpré Chait.

Pour expliquer ce décalage, Me Beauchemin lui explique que, suite à la période d’augmentation annuelle des salaires des avocats sociétaires, son salaire allait être augmenté sur la base de 72 000 $.

" Cela 'reviendrait à la même chose' et ce, rétroactivement, puisqu’elle recevrait une augmentation de salaire plus élevée que les autres sociétaires ", lit-on dans la requête introductive d’instance.

Trois semaines après son opération chirurgicale, elle revient au travail, puis, reçoit rapidement son premier relevé de paye : 70 000 $ par année au lieu des 72 000 $ annoncés.

Me Beauchemin lui explique que son augmentation a été refusée par le comité de gestion de de Grandpré Chait, présidé par Me Pierre Labelle et cela, malgré une excellente évaluation de son travail.

Alors qu’elle continue à réclamer un ajustement de son salaire, le cabinet la congédie en août 2010.

En plus des promesses non tenues, cette différence salariale apparaît, selon Me Gafsi, comme discriminatoire compte tenue de la Charte des Droits et libertés de la personne.

Une distinction qui, selon elle, serait directement liée à son opération chirurgicale.

À la suite de son congédiement, Me Gafsi, qui pratique aujourd'hui au sein du cabinet Gafsi Dell' Aquila avocats à Montréal, a également déposé des plaintes contre de Grandpré Chait pour harcèlement psychologique et congédiement sans cause juste et suffisante auprès de la Commission des Normes du travail. Elle en a déposé une autre auprès de la Commission des Droits de la Personne et des Droits de la jeunesse, cette fois pour congédiement et autres gestes discriminatoires.

À suivre...